Anne Hidalgo et NKM se rejoignent à la cité judiciaire

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Répondant avec les autres candidats du  premier tour des Municipales à l’Ordre des avocats de Paris, Anne Hidalgo et Nathalie Kosciusko-Morizet ont trouvé un (presque) terrain d’entente : le nouveau tribunal de grande instance des Batignolles.

Voici leurs réponses à la question : « Quelle est votre position sur le projet de la nouvelle cité judiciaire aux Batignolles ? »

Anne Hidalgo:
« Le déménagement de ce site où les professionnels étouffent et où les salles d’audience sont saturées est une nécessité. Avec Bertrand Delanoë, nous avons proposé à l’Etat, qui souhaitait initialement implanter ce projet dans le 13e arrondissement sur un site qui ne nous paraissait pas adapté, d’implanter son projet aux Batignolles. La cité judiciaire s’installera donc au cœur d’un nouveau quartier magnifique autant architecturalement que sur le plan environnemental : il comprend un parc de 10 hectares, des logements, des bureaux, des commerces, des cinémas, des équipements publics, des transports en commun (ligne 14, Tramway…). Renzo Piano, l’architecte de la nouvelle Cité, qui a notamment conçu Beaubourg, a pensé un bâtiment superbe. Il démontre qu’il est possible de faire des immeubles de grande hauteur bien insérés, performants du point de vue énergétique, et réussis esthétiquement. Il donnera à la Justice un bel écrin dans le paysage parisien et métropolitain. Nous soutenons donc ardemment et ce depuis l’origine ce beau projet dans lequel les avocats doivent avoir toute leur place. J’ajoute que le déplacement judiciaire aux Batignolles est une démarche d’avenir puisque la cité judiciaire sera au cœur de la future métropole parisienne comme l’était jadis, le palais de justice sur l’île de la cité. La future Cité est un geste dans l’histoire et la géographie de la justice à Paris que nous devons saisir ensemble.  »

Nathalie Kosciusko-Morizet:
« Le projet de la nouvelle cité judiciaire aux Batignolles répond à un besoin de locaux supplémentaires réclamés par les magistrats. La question est de savoir si cette demande légitime doit entraîner une réponse aussi onéreuse que perturbatrice des habitudes et de la symbolique judiciaire.
J’ajouterai que ce projet est un projet d’État et que le maire de Paris n’a pas le pouvoir d’y mettre un terme non plus que de l’appuyer. Si toutefois ce projet était abandonné par l’État, je mettrai tout en œuvre, comme maire de Paris, pour que soient trouvées les surfaces utiles et nécessaires au bon déroulement du service public de la justice. On me dit que des surfaces importantes sont, au palais de justice, curieusement consacrées à la conservation d’archives dans un local très vaste qu’on appelle le sous-marin et dont on m’a expliqué qu’il se situait au-dessus de la salle des pas perdus. Une réhabilitation de ce local pourrait sans doute être envisagée. Je garde aussi, prête à servir, l’idée qu’autour du palais de justice de Paris existe un certain nombre de bâtiments publics qui pourraient répondre aux besoins du service public de la justice.
On peut aussi envisager de séparer les lieux de jugement des lieux de travail des magistrats, comme cela existe déjà : au pôle financier ou au carré Saint-Germain. Rien n’empêcherait que les audiences de cabinet (affaires familiales par exemple) se tiennent en un lieu, tandis que les audiences classiques continueraient à se tenir au palais de justice. Une telle séparation serait d’autant moins contestable qu’elle est en quelque sorte déjà prévue, puisque la cour d’appel demeurera dans l’actuel palais de justice même si le TGI est transféré aux Batignolles. Nous verrons, selon la décision de l’État, si ces perspectives trouveront l’occasion de devenir réalités. Il faut en tout cas que tous ceux pour qui les lieux de justice sont des lieux de travail sachent que je suis attentive à leurs besoins, à la difficulté de leur tâche et que je serai prête, le moment venu, à trouver les solutions qui sauvegarderont la tradition et le symbole, tout en installant les professionnels de la justice dans un environnement de confort et de modernité. »

Parmi les autres candidats, Charles Beigbeder (Paris Libéré) déplorait un manque de concertation avec la population, Christophe Najdovski  (EELV) s’élevait contre la naissance d’une nouvelle tour et Danielle Simonnet pointait du doigt les dérives du contrat en partenariat public-privé entre l’État et le groupe Bouygues.

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