Le repos du Fakir

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VIDEO. Sous couvert d’offrir un plus beau design aux utlisateurs, notre espace public ne cesse d’être dégradé et souvent peu accueillant. Des dispositifs anti-ergonomiques nous rappellent que le stationnement est une perte de temps, que la flânerie est peu rentable. Le corps est un objet qui gène, qui entrave le flux d’une ville en perpétuel mouvement. En voulant nous protéger de la violence d’une société où la pauvreté n’a pas sa place, l’espace public a cessé d’être un espace partagé. Ces dispositifs « anti-sdf » ont permis au designers d’inventer le banc où on s’accoude, le muret aux pointes d’acier ou encore toutes sortes de plots en acier et de boules en béton.
Le projet de grande métropole peut-il se construire en cachant ses sans-abris, les jeunes qui trainent, les zonards, les skateurs ou tout simplement souhaite-t-on les écarter du cœur de la cité, vitrine à l’international d’une métropole hyperactive. En voulant écarter de notre vue ce qui gênant pour le plus grand nombre, on a malheureusement aussi impacté toute une population qui n’était pas visée par ces mesures. Quid de la femme enceinte, de la personne âgée ou des personnes à mobilité réduite qui attendent le bus? Quid des amoureux des bancs publics chers à Brassens?

En regardant de plus près, on se rend compte que les autorité ne sont pas les seuls responsables de ces changements mais qu’une grande majorité de ces initiatives sont privées. Excédés par le bruit, les odeurs ou tout simplement effrayés par un sentiment d’insécurité, ce sont presque toujours les riverains qui entament des travaux ou vont demander à la mairie, pétitions en main, de trouver une solution à leurs nuisances.

Le film « Le Repos du fakir » est une oeuvre de l’artiste Hadrien Sayf, Urban hacker et street flaneur qui pose un regard acerbe et critique sur la citée, l’urbanisme et ses habitants.

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