Maurice Pialat filme la banlieue des années 50

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VINTAGE FRIDAY. « L’ennui est le principal agent d’érosion des paysages pauvres », ce commentaire angoissant pourrait à lui seul résumer cet état des lieux de la banlieue de la fin des année cinquante. Ce magnifique voyage, cette traversée du Grand Paris en devenir que nous propose le jeune cinéaste Maurice Pialat dans ce court métrage « L’amour existe », tourné en 1960, annonce déjà les ratages et ravages de l’urbanisme d’après guerre. Si presque tout reste à faire ce périple dans les villes en pleine mutation de Nanterre, Courbevoie, Vincennes, Pantin et Aubervilliers, cette plongée au cœur de la campagne qui se transforme en grande banlieue où on construit des petits pavillons sur des petits terrains, enfin ces grands ensembles aux petites fenêtres – « puisqu’il n’y a rien à voir » – est un formidable témoignage d’une époque où on pensait que la modernité urbanistique allait changer totalement la qualité de vie des ouvriers et des immigrés. Deux, trois, quatre heures de transports sont nécessaires chaque jour à ces ouvriers pour aller travailler car déjà les transports en commun sont au bord du gouffre.

Maurice Pialat, réalisateur est surtout connu pour les films à succès qu’il réalisa dans les années 80 avec « Police », « A nos amours » ou encore « Sous le soleil de Satan ». Après avoir voulu être peintre c’est dans les années 50 et 60 qu’il tourne ses premiers courts métrages dont ce film docu « L’amour existe ». Opposant grands immeubles, bidonvilles en feu et petits pavillons où se réfugie la petite bourgeoisie on reconnait déjà le style contestataire d’un Maurice Pialat qui nous plonge dans son univers noir.

L’amour existe
Réalisation et scénario : Maurice Pialat
Production : Pierre Braunberger
Voix de Jean-Loup Reynold
Documentaire, 1960 ou 1962, NB, 19min
Société de production : Les Films de la Pléïade

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