Saclay enseigne plus MOOC

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DOSSIER: LES TERRITOIRES DU GRAND PARIS NUMÉRIQUE

L’école Polytechnique, implantée à Saclay, innove en proposant depuis septembre plusieurs enseignements gratuits et en accès libre disponibles sur la plateforme Coursera. Une première dans le paysage de l’e-learning à la française, avant le lancement de la plateforme France Université Numérique début 2014.

Cours de conception et mise en œuvre d’algorithmes
Cours de conception et mise en œuvre d’algorithmes

L’école Polytechnique a fait sa rentrée sur la toile. Elle a été la première grande école française à se lancer cette année dans les MOOC (Massive open online courses), ces cours dispensés via internet. Aux Etats-Unis, le phénomène ne cesse de prendre de l’ampleur. Dès le début des années 2000, de grandes universités comme Stanford, Yale ou Princeton ont développé des enseignements en ligne, à l’origine de simples enregistrements vidéo de cours magistraux. En 2012, plusieurs plateformes dédiées à le-learning voient le jour, souvent sous l’impulsion des grandes universités. C’est dans ce mouvement que s’inscrit l’école Polytechnique qui propose trois cours en accès libre en septembre, dont le premier est une introduction à la théorie et au calcul des probabilités, par Jean-René Chazottes.

Savoir rayonner

L’X fait donc figure de précurseur, même si la première initiative française est à mettre au crédit de l’Ecole central de Lille, avec un MOOC sur la gestion de projet proposé en janvier dernier. Pour Frank Pacard, directeur adjoint de l’enseignement de l’X, « l’e-learning est tout sauf une mode, c’est devenu un passage obligé. Des étudiants de retour des Etats-Unis m’ont incité à porter le projet, explique-t-il. Une fois entrés dans la vie active, ils regrettent de ne pas avoir pu suivre certains cours à l’école et apprécieraient de pouvoir les suivre en ligne. »
Pour Polytechnique, l’objectif est double. Il s’agit d’abord de défricher un terrain neuf, où tout est à inventer. « Les professeurs repensent leurs enseignements. Nous voulons nous approprier ces outils le plus tôt possible, pour éviter de prendre du retard et comprendre jusqu’où l’école peut aller dans ce type de pédagogie », explique Franck Pacard. L’e-learning implique en effet de redéfinir l’enseignement délivré habituellement dans un cours magistral : le professeur s’exprime plus lentement, les séquences de cours sont plus courtes, de nombreux exercices sont proposés pour renforcer l’interactivité.
Autre avantage pour l’école : élargir ses horizons. L’e-learning ne concerne pas que les étudiants. C’est aussi un outil pour la formation continue et la formation à distance, que l’X espère améliorer grâce à ces nouveaux enseignements interactifs. Au passage, de nombreux professionnels suivent ces cours et peuvent échanger avec les étudiants. Autant d’interactions précieuses qui enrichissent l’enseignement d’une grande école. En termes d’image, l’impact attendu peut être réel : l’école participe à la diffusion des savoirs et installe ainsi son rayonnement.

Près de 3 millions d’inscrits sur Coursera

Encore faut-il que l’offre de cours soit connue. Les plateformes apportent cette visibilité qui peut tant faire défaut sur le net. Un enseignant de Stanford a lancé Udacity début 2012, puis vint la plateforme Coursera quelques mois plus tard et enfin edX, lancée par Havard et le MIT. Elles ne sont pas des passages obligés, mais facilitent la tâche des établissements qui se lancent dans l’aventure. Polytechnique a choisi de s’appuyer d’abord sur Coursera, qui arrive en tête par le nombre d’apprenants (elle compte 2,8 millions d’inscrits). « Les plateformes nous dégagent de l’effort de marketing, explique Frank Pacard. Mais nous n’avons pas d’exclusivité avec Coursera. Cette initiative doit en entraîner d’autres et nous voulons pouvoir nous appuyer sur d’autres diffuseurs un jour. C’est important que des cours soient proposés en français sur ces plateformes internationales. »
Certains campus américains proposent des MOOCS sur leurs propres sites. A l’échelle du campus de Paris Saclay, des projets sont à l’étude, notamment pour mutualiser les moyens de diffusion des MOOCS. Le campus réunit l’X mais aussi HEC, le CNRS, AgroParisTech, l’INRA, Supélec… Autant de grands établissements pour qui l’expérience pourrait devenir incontournable.

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